Le 21 avril 2026 par Jacques Henno
Près des théâtres d’opérations, les signaux des satellites servant à la géolocalisation sont de plus souvent brouillés ou leurrés, perturbant les transports, l’agriculture mécanisée ou certains jeux vidéo. Militaires et civils cherchent des parades.
Un appareil en vente libre et un logiciel gratuit… Voilà ce qu’il fallait aux fans de Pokémon Go pour « spoofer » (leurrer) le GPS de leur smartphone. Ils pouvaient alors faire croire à ce jeu qu’ils étaient à l’autre bout du monde et y dénicher les fameuses créatures, sans quitter leur canapé.
En dix ans, le principe du spoofing n’a pas changé. « Il existe quatre systèmes globaux de positionnement par satellite [GNSS] : l’américain GPS, l’européen Galileo, le russe Glonas et le chinois Beidou, rappelle Ramsey Faragher, président du Royal Institute of Navigation, une société savante britannique.
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Seconde approche : trouver des solutions permettant de compléter, voire de remplacer les GNSS. Le sextant, inventé dans les années 1730 et qui permet de se repérer par rapport au soleil le jour et à certaines étoiles la nuit, reste obligatoire sur les navires civils et dans la plupart des marines nationales.
Aujourd’hui, des « viseurs d’étoiles » équipent les satellites : ces caméras reconnaissent les astres autour d’elles et permettent aux satellites d’en déduire leur orientation par rapport à la terre. « Nous développons également des ‘viseurs d’étoiles’ pour l’aviation et la marine, indique Vincent Dedieu, PDG de Sodern, une filiale d’Ariane Group, un des leaders mondiaux de cette technologie. La nuit les étoiles sont visibles à l’œil nu ; le jour, un algorithme permet d’extraire du ciel bleu le signal des astres. » Des expérimentations sont en cours avec les armées françaises.
S’inspirant de la capacité de certains animaux à se repérer par rapport au pôle Nord céleste, des chercheurs français ont réussi à localiser celui-ci en plein jour à l’aide d’une caméra sensible à la lumière polarisée. « Cette technologie, que nous avons appelée Skypole, pourrait être utilisée pour des drones terrestres ou aériens, estime Julien Serres, qui enseigne la robotique bio-inspirée à Aix-Marseille Université et fait partie de l’Institut des Sciences du Mouvement Etienne-Jules Marey. Nous allons réaliser prochainement des essais sur un véhicule de livraison autonome. »
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